Gina Lollobrigida

Biographie

Icône intemporelle du cinéma mondial, diva au charme magnétique et artiste aux multiples talents : Gina Lollobrigida (04.07.1927–16.01.2023) a été bien plus qu’une star de cinéma. Sa vie incarne un lien indissoluble entre la grande tradition cinématographique italienne et une profonde quête expressive qui a embrassé la photographie comme la sculpture.

Née à Subiaco le 4 juillet 1927, Luigia « Gina » Lollobrigida manifeste dès son plus jeune âge un talent naturel pour les arts visuels, étudiant la peinture et la sculpture au Liceo Artistico et à l’Académie des beaux-arts de Rome. Le destin, cependant, l’appelle bientôt sur le grand écran. Dans les années 1950 et 1960, Gina devient le visage du néoréalisme et de la renaissance culturelle italienne dans le monde.

La carrière cinématographique : icône du cinéma mondial

Le parcours artistique de Gina Lollobrigida est une succession de triomphes qui ont marqué l’histoire du cinéma, la transformant en une icône mondiale de beauté, de talent et de détermination.

Des chefs-d’œuvre du néoréalisme italien aux grandes productions hollywoodiennes, sa filmographie témoigne d’une versatilité extraordinaire.

Le début des années cinquante marque l’ascension irrésistible de l’actrice sur la scène cinématographique italienne :

  • Pain, amour et fantaisie (Pane, amore e fantasia, 1953) – Sous la direction de Luigi Comencini, elle interprète l’inoubliable « Bersagliera » aux côtés de Vittorio De Sica. Le film remporte un succès foudroyant et la consacre définitivement comme diva du peuple.
  • La Romaine (La romana, 1954) – Réalisé par Luigi Zampa et adapté du chef-d’œuvre d’Alberto Moravia, le film offre à Gina l’occasion de signer l’une de ses interprétations dramatiques les plus intenses et les plus abouties.
  • La Provinciale (La provinciale, 1953) – Réalisé par Mario Soldati (également d’après un texte de Moravia), le film met en lumière la profondeur de son jeu, au-delà de sa célèbre présence à l’écran.
  • Autres temps (Altri tempi, 1952) – Dans l’épisode Le procès de Phryné, réalisé par Alessandro Blasetti, elle joue une nouvelle fois avec De Sica, qui forgera à cette occasion le célèbre terme « maggiorata fisica ».

Le talent de Lollobrigida est indissociable des rôles historiques et biographiques qui exaltent son charisme monumental

  • La femme la plus belle du monde (La donna più bella del mondo, 1955) – Ce film biographique sur la cantatrice Lina Cavalieri lui vaut le premier David di Donatello de sa carrière. Le titre du film devient aussitôt son surnom historique à l’échelle mondiale.
  • Vénus impériale (Venere Imperiale, 1962) – Réalisé par Jean Delannoy, c’est l’un des sommets absolus de sa filmographie. Dans le rôle de Pauline Borghèse, la sœur volontaire de Napoléon, Lollobrigida unit sensualité et rigueur historique, offrant une performance magistrale qui lui vaut à la fois le David di Donatello et le Nastro d’Argento de la meilleure actrice.

Bientôt, Hollywood et les grandes productions européennes se tournent vers elle, la projetant dans une dimension de star mondiale

  • Fanfan la Tulipe (1952) – Ce film culte du cinéma français, aux côtés de Gérard Philipe, la propulse officiellement sur la scène internationale.
  • Le Port de la drogue (Il tesoro dell’Africa / Beat the Devil, 1953) – Réalisé par John Huston, il marque ses débuts mémorables dans un film en langue anglaise aux côtés de Humphrey Bogart.
  • Notre-Dame de Paris (1956) – Son interprétation magnétique d’Esméralda, face à Anthony Quinn en Quasimodo, demeure la version cinématographique de référence du classique de Victor Hugo.
  • Reviens en septembre (Come September, 1961) – Brillante comédie hollywoodienne dans laquelle elle joue aux côtés de Rock Hudson ; une alchimie parfaite qui lui vaut un Golden Globe spécial.
  • Bonsoir Madame Campbell (Buona Sera, Mrs. Campbell, 1968) – Autre grande production américaine qui met en valeur son sens du rythme comique et lui vaut un nouveau David di Donatello.

L’affection du public télévisuel

  • Les Aventures de Pinocchio (1972) – Dans le célèbre feuilleton télévisé de Luigi Comencini, elle donne vie à une Fée Bleue éthérée et inoubliable, scellant un lien affectif indissoluble également avec les plus jeunes générations.

Au-delà de l’écran : la photographie comme regard sur le monde

Lorsque la carrière cinématographique ne lui offre plus les stimulations culturelles qu’elle recherche, Gina ne s’arrête pas ; elle évolue.

Dans les années 1970, elle s’impose comme photographe-reporter de niveau international.

Avec son appareil photographique, elle capture l’âme de figures clés de l’histoire et de la culture du XXe siècle, parmi lesquelles Salvador Dalí, Paul Newman, Audrey Hepburn, Ella Fitzgerald et même Fidel Castro, qu’elle interrogea en exclusivité.

Ses expositions photographiques et ses livres de reportage témoignent d’une sensibilité visuelle rare et d’un profond respect pour les diverses cultures de la planète.

Le retour à un premier amour : la sculpture

La troisième vie artistique de Gina Lollobrigida marque le retour à ses origines : la sculpture.

Formée auprès de maîtres du calibre de Giacomo Manzù, elle fond dans les ateliers de Pietrasanta des œuvres en bronze et en marbre d’une puissance expressive extraordinaire.

Ses sculptures, qui réinterprètent souvent les personnages qu’elle a incarnés au cinéma (comme Esméralda de Notre-Dame de Paris), sont exposées avec succès critique dans les plus grands musées du monde, du musée Pouchkine de Moscou au Lido de Venise.

Gina Lollobrigida, ambassadrice de l’UNICEF

L’art au service des enfants

Dès les années 1970, après avoir réduit ses engagements sur les plateaux, Lollobrigida a mis sa seconde passion artistique – la photographie – au service des enfants vulnérables du monde entier.

  • La photographie sociale : Entre 1972 et 1994, elle a publié plusieurs livres photographiques, dont The Wonder of Innocence, un recueil entièrement consacré aux enfants du Sud du monde, conçu pour sensibiliser l’opinion publique à la pauvreté infantile.

Elle a activement promu les programmes de vaccination de l’UNICEF et les collectes de fonds internationales en faveur de l’éducation dans les pays en développement.

En tant que sculptrice, elle a réalisé plusieurs œuvres monumentales dont les recettes ou l’exposition médiatique ont été entièrement consacrées au financement des projets de l’organisation.

Ambassadrice de la FAO : la lutte mondiale contre la faim

En 1999, Gina Lollobrigida a été officiellement nommée ambassadrice de bonne volonté de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), rejoignant une campagne mondiale pour éradiquer la faim chronique. Elle a participé comme porte-parole principale à de nombreuses éditions de la Journée mondiale de l’alimentation à Rome, adressant d’ardents appels aux dirigeants mondiaux pour garantir le droit universel à l’alimentation.

Elle a été le visage de campagnes multimédias historiques (comme le projet 1billionhungry) pour dénoncer le drame des millions d’enfants souffrant de faim extrême dans le monde, exhortant gouvernements et acteurs privés à investir dans l’agriculture durable. En 2006, elle a fait don et dévoilé une sculpture en bronze au siège de la FAO à Rome, symbolisant l’union entre l’art et la solidarité humanitaire.

Son engagement humanitaire s’est concentré principalement sur la lutte contre la malnutrition infantile et la défense des droits des mineurs.

Un héritage à préserver

Gina Lollobrigida nous a quittés le 16 janvier 2023, mais sa lumière continue de briller.

Elle n’a pas été seulement une diva, mais une femme fière, indépendante et une actrice culturelle avant la lettre, qui a démontré que l’art ne connaît ni frontières de genre ni limites de moyen d’expression.